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Des affiches électorales pour les candidatures du maire sortant, l'écologiste Grégory Doucet, et de l'un de ses adversaires, Jean-Michel Aulas, lors de la campagne pour les élections municipales à Lyon, le 6 mars 2026.
Crédit : Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Après près de vingt ans marqués par la figure de Gérard Collomb, Lyon est devenue en 2020 l'un des symboles de la vague écologiste avec l'élection de Grégory Doucet. Le maire sortant, à la tête d'une large coalition de gauche hors LFI, a engrangé 37,36% des voix, contre 36,78% pour son adversaire, adoubé par la droite et le centre-droit, soit un peu moins de 1.200 voix d'avance, selon des résultats définitifs. L'Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi passe la barre des 10% (10,41%) qui lui donne la possibilité de se maintenir au second tour, contrairement au candidat UDR-RN Alexandre Dupalais (7,07%) et aux autres petits candidats.
La députée LFI a immédiatement fait savoir qu'elle était prête à discuter d'une "fusion technique" de sa liste avec celle de Grégory Doucet "pour garder (la) ville à gauche". L'intéressé a, pour l'instant, botté en touche : "On va regarder les derniers résultats qui tombent et puis après on verra", a dit à la presse l'ancien humanitaire de 52 ans qui, pendant la campagne, avait laissé la porte ouverte à une alliance.
Jean-Michel Aulas a fustigé depuis son QG de campagne la mise en place d'un "accord de la honte". "Je ne pense pas que les Lyonnaises et les Lyonnais aient envie que Lyon soit à l'extrême gauche", a-t-il dit. Le chef d'entreprise de 76 ans, dont la fin de campagne avait connu un passage à vide après un débat télévisé peu convaincant, a reconnu être "déçu par rapport aux sondages" qui, pendant des mois, lui donnaient au moins dix points d'avance sur le maire sortant.
"Mais en réalité c'est une victoire" pour un nouveau venu en politique d'être "pratiquement à égalité avec un maire sortant", a-t-il relativisé, promettant de "faire en sorte de gagner" le "match retour", dimanche prochain.
Le second tour pourrait s'annoncer très serré pour Grégory Doucet. Plusieurs scénarios sont envisagés, notamment un accord entre les listes écologistes et insoumises, comme cela s'était déjà produit dans certaines villes lors du dernier scrutin municipal. En février dernier, le maire écologiste s'est, pour la première fois, dit prêt à une alliance au second tour avec LFI, "à certaines conditions", notamment l'absence de personnes impliquées dans des violences.
Cette déclaration, prononcée durant un débat télévisé, est intervenue après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, le 12 février à Lyon et la mise en examen de suspects liés au député insoumis Raphaël Arnault.
Dans l'hypothèse d'un face-à-face entre les deux principaux candidats, Jean-Michel Aulas était crédité de 52% des intentions de vote, contre 48% pour Grégory Doucet, selon un sondage Cluster 17 et Mag2Lyon. Dans le cas où LFI apporte son soutien au maire sortant, les estimations sont de 51% pour Aulas et 49% pour Doucet, selon ce même sondage.
Pendant des décennies, Lyon a été dirigée par des majorités de droite et du centre ou socialistes modérées. La ville d'environ 520.000 habitants a notamment été marquée par la longue influence de Michel Noir et de Raymond Barre dans les années 1990, puis par celle de Gérard Collomb, maire de 2001 à 2017 et figure majeure de la vie politique lyonnaise.
Après un passage éclair au gouvernement d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb avait tenté de reprendre la mairie en 2020, avant d'être battu dans un contexte de forte poussée écologiste. Cette victoire avait marqué un tournant pour la troisième ville de France, où les écologistes ont également conquis la Métropole de Lyon (environ 1,4 million d'habitants).
Pendant son mandat dans la capitale des Gaules, Grégory Doucet a fait de la transformation écologique de la ville l'axe central de son action. La municipalité revendique notamment la piétonnisation de certaines rues, la végétalisation de l'espace public et le développement des mobilités douces.
Parmi les mesures les plus emblématiques figure la mise en place d'une zone à trafic limité dans la Presqu’île, qui doit réduire la circulation automobile dans le centre. Ces politiques sont cependant vivement critiquées par l'opposition, qui accuse la majorité écologiste de pénaliser les commerçants et de compliquer les déplacements en voiture.
Se présentant comme "candidat de la société civile", Jean-Michel Aulas a, de son côté, alterné les promesses sociales (gratuité de la cantine), sécuritaires (plus de vidéosurveillance, de policiers municipaux) et de grands travaux (mégatunnel sous la ville, nouveau métro).
En revanche "JMA" a donné peu de détails concrets, de plan de financements. Un "flou" épinglé par Grégory Doucet, 52 ans, qui veut croire à une "remontada", face à un candidat portant selon lui "une vision héritée du siècle passé, où le béton a toute sa place".
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