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Attentat raciste de Trappes : la garde à vue du suspect, Kévin T. suspendue pour raisons psychiatriques

La garde à vue de Kévin T., suspect de l'attentat de Trappes et de La Verrière, a été suspendue après un examen psychiatrique. Le Parquet national antiterroriste précise qu'il a été transféré à l'infirmerie psychiatrique.

À Trappes, un homme a tué au moins une personne et fait quatre blessés par balles le 23 octobre 2026

Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP

Jérémy Descours & Sophie Neumayer

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Le profil de Kévin T. se précise. La garde à vue du suspect de l'attentat de Trappes et de La Verrière (Yvelines) a été suspendue, a indiqué ce dimanche 25 octobre le Parquet national antiterroriste (Pnat). Dans un communiqué, le Pnat précise "qu'à l'issue d'un examen psychiatrique de Kévin T. réalisé dans la soirée [de samedi, NDLR], sa garde à vue a été levée". 

Il ajoute que le suspect - qui a tué une personne et blessé cinq autres dans les Yvelines le 23 octobre - "a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police afin d'y être soumis à une période d'observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures" et que "la mesure de garde à vue le concernant est suspendue le temps de cette période d'observation".

Le parquet précise aussi que "l'analyse toxicologique a permis de révéler la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang" et que "les gardes à vue des membres de l'entourage familial et amical - cinq au total - de l'intéressé se poursuivent" ce dimanche.

L'avocat de Pengo Bossio Wangi réagit et charge Gérald Darmanin

Après cette annonce, Me Yassine Bouzrou, avocat de Pengo Bossio Wangi (espoir français du MMA de 26 ans) décédé lors de l'attentat raciste, a fait part de son étonnement après la levée de la garde à vue de Kevin T., décidée en raison de son état de santé psychique. Dans un communiqué, Me Bouzrou souligne que cette décision, prise après un examen psychiatrique demandé par le Parquet national antiterroriste, "ne manque pas de nous étonner" car "en pratique ces levées de garde à vue pour motif psychiatrique sont très rares". 

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Il ajoute que son étonnement est "renforcé" par le souvenir de "l'assassinat d'Aboubakar Cissé", tué dans la mosquée de La Grand-Combe en avril 2025, et dénonce "une récurrence préoccupante". Selon lui, "lorsque l'attentat émane de l'extrême droite, la question psychiatrique s'impose très vite", l'auteur étant "forcément un déséquilibré". 

Cette question ne se pose pratiquement jamais avec la même insistance lorsque l'attentat est de motivation islamiste"

Me Yassine Bouzrou, dans un communiqué

"Cette question, en revanche, ne se pose pratiquement jamais avec la même insistance lorsque l'attentat est de motivation islamiste", poursuit-il. Sans contester "l'expertise psychiatrique" ni "l'article 122-1 du code pénal sur l'irresponsabilité pénale", l'avocat estime que "la symétrie doit être la règle" avec "mêmes expertises, mêmes délais d'appréciation, quel que soit le profil idéologique du mis en cause". Il appelle enfin à ce que "l'expertise psychiatrique ne devienne jamais, dans les crimes racistes et terroristes, un raccourci commode pour éviter de nommer l'idéologie qui arme les bras".

Enfin, Me Bouzrou met aussi en cause l'indépendance du Parquet national antiterroriste. "Comme tout parquet, il exerce ses poursuites sous l'autorité du ministre de la Justice et met en œuvre la politique pénale qu'il lui fixe. Dans un contexte où le garde des Sceaux multiplie publiquement les instructions aux parquets et a, par le passé, tenu des propos qui ont suscité la controverse, et notamment que Marine Le Pen était 'trop molle' sur les points mêmes où celle-ci stigmatise certaines minorités, chacun mesurera ce que cette dépendance au pouvoir exécutif peut impliquer dans une affaire d'une telle gravité", conclut-il. 

"Mein Kampf", la bible et le Coran retrouvés chez Kévin T.

Depuis le début de sa garde à vue, vendredi, les enquêteurs cherchent à comprendre cette personnalité difficile à cerner. Lors de ses premières déclarations, le suspect a évoqué les émeutes du 17 octobre pour justifier son passage à l'acte, sans que le lien avec les victimes visées soit, à ce stade, clairement établi. 

Pour rappel, le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour "pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", "détention d'arme de catégorie A en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes". 

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Lors des perquisitions, les enquêteurs ont par ailleurs découvert plusieurs éléments. Dans sa voiture, les policiers ont retrouvé "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène", selon le Pnat. À son domicile, ils ont découvert un exemplaire de Mein Kampf, mais aussi une Bible et un Coran. L'appartement avait aussi été piégé avec des bonbonnes de gaz et un dispositif relié à des fils électriques, neutralisé par les démineurs vendredi.

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